Actualité

Cycle thématique. Goya et l’Espagne de son temps

Date(s)

le 4 novembre 2020

de 17h30 à 19h30
Lieu(x)
Amphi Beaumont

Présenté par Jacques SOUBEYROUX

Agrégé d’espagnol, Docteur ès-Lettres, a été Professeur des universités de Montpellier et de Saint-Etienne et Président de la Société des Hispanistes Français de l’Enseignement Supérieur. Il a dirigé une vingtaine d’ouvrages, en France et en Espagne et il est l’auteur d’une centaine d’articles qui portent principalement sur l’histoire sociale et culturelle de l’Espagne du XVIIIe siècle à laquelle il a consacré sa thèse de doctorat d’État (Paupérisme et rapports sociaux à Madrid au XVIIIe siècle,1976). Au cours des dernières années il a travaillé plus particulièrement sur l’œuvre de Goya (Goya politique, 2011, édition espagnole, Goya político, 2014).

Présentation du cycle thématique.
Séance du 04 novembre : Le peintre de la Cour
Au cours de cette première séance j’examinerai les œuvres correspondant aux différentes étapes de la carrière aulique de Goya :
- les cartons de tapisseries peints entre 1775 et 1792,
- les portraits de la famille royale (1783- 1801) culminant avec « La famille de Charles IV » (1800),
- les portraits des Grands de la Cour et les œuvres liées au mécénat aristocratique (la duchesse d’Osuna, le premier ministre Godoy), en particulier « La Maja nue » et « La Maja vêtue »,
- les derniers portraits royaux sous le règne de Ferdinand VII (1814).
Bilan de la carrière aulique de Goya.

Séance du 18 novembre : La satire sociale et politique
La satire occupe une place importante dans l’œuvre de Goya. Elle pointe dès les derniers cartons de tapisseries (1790-1792), mais elle se développe particulièrement dans deux genres nouveaux, le dessin et la gravure :
-les albums A et B de dessins annoncent la première grande collection de gravures, les « Caprices », publiée en 1799, l’année même où Goya devient Premier Peintre de la Chambre du Roi. Etude détaillée des « Caprices » et problèmes liés à la réception de l’œuvre.
-les albums de dessins C à G (« album de Bordeaux ») reflètent les principaux problèmes posés par la situation de l’Espagne pendant et après la guerre de l’Indépendance : la suppression de l’Inquisition, les inégalités sociales, la misère, la justice.
- parallèlement plusieurs tableaux exaltent le travail de certains types populaires (le forgeron, le rémouleur, la porteuse d’eau).
Bilan sur l’engagement politique de Goya à travers son œuvre satirique.

Séance du 25 novembre : Le peintre de la guerre
L’invasion napoléonienne a provoqué une fracture au sein de l’élite éclairée qui s’est divisée entre patriotes et « afrancesados » participant au gouvernement de Joseph Bonaparte. On étudiera l’attitude de Goya sur cette question qui a donné lieu à des jugements contradictoires. La guerre devient à partir de 1810 le thème principal des œuvres de Goya et de ses chefs d’œuvre qui sont particulièrement reconnus de nos jours, la collection des gravures « Les désastres de la guerre » et les deux grands tableaux, « Le 2 mai » et « Le 3 mai ». On analysera en détail chacune de ces œuvres et les problèmes politiques liés à leur réception. Les images de violence de la guerre resteront présentes dans les œuvres de Goya postérieures à 1814, mises en relation avec le rétablissement de l’absolutisme absolu par Ferdinand VII.
sur la postérité des images de la guerre de Goya dans la peinture des XIXe et XXe siècles.