Actualité

Les Vaccins contre la grippe

Date(s)

le 10 novembre 2020

de 18h00 à 20h00
Lieu(x)
Amphi Beaumont

Présentée par GOUDEAU Alain

Alain GOUDEAU est Médecin, Professeur de Bactériologie, Virologie et Hygiène à la Faculté de Médecine de Tours, Professeur émérite jusqu’au 1er septembre 2020. Il enseigne sa discipline auprès des étudiants en médecine et d’autres filières de santé

• Chef de Service de Bactériologie et Virologie au CHU de Tours de 1986 à 2018.

Responsable du diagnostic biologique des maladies infectieuses bactériennes et virales

• Chercheur dans le domaine des maladies virales humaines avec un intérêt particulier pour les virus de hépatites (codécouvreur du vaccin contre l’hépatite B) et les virus respiratoires.

Plus de 200 publications internationales en langue anglaise indexées


Présentation de la conférence.

Au cours des derniers mois, l’émergence d’un nouveau coronavirus, SARS-COV2, responsable d’une infection respiratoire sévère a presque fait oublier que les virus respiratoires et particulièrement ceux de la grippe sévissent chaque année pendant la période hivernale avec des intensités et des durées variables provoquant une dizaine de milliers de décès par an au cours des trois dernières saisons selon la Haute Autorité de Santé (HAS).

Une quinzaine de virus différents sont responsables de « syndromes grippaux » chez l’enfant et l’adulte. Ils arrivent par vagues successives ou superposées en fonction des conditions climatiques. Dans notre région, l’essentiel de ces infections sévissent entre la mi-octobre et la mi-avril avec un pic notamment grippal fin décembre-début janvier. En l’absence de diagnostics étiologiques (= la recherche de la cause) les données épidémiologiques étaient confuses et ne facilitaient ni les prises de décision préventives (le fameux fiasco du vaccin « Bachelot ») ni la préparation d’une crise sanitaire sévère.

Les moyens diagnostics précis (la fameuse PCR) ne sont accessibles que depuis quelques années dans les centres hospitaliers. Rechercher une quinzaine de virus n’est pas simple et couteux en matériel et personnel. Peu ou mal remboursé par l’Assurance maladie, le diagnostic complet des infections respiratoires demeure absent des laboratoires libéraux.

Pourtant, il apparaît impératif que l’attente d’un éventuel vaccin CoVID-19 n’occulte pas la nécessité d’y voir plus clair dans la circulation des virus grippaux et des autres virus qui peuvent aussi donner des formes cliniques sévères chez l’enfant et l’adulte. Une personne vaccinée contre la grippe et qui développe un « syndrome grippal » non identifié conclura que le vaccin ne marche pas. A l’inverse, une personne qui développe en début d’hiver un « syndrome grippal » non identifié jugera inutile la vaccination grippale. La circulation du SARS-COV2 ajoute à la confusion.

Dans un communiqué de presse de juin 2020, l’HAS considère à ce stade que la campagne de vaccination antigrippale doit être réalisée conformément à la stratégie actuelle et souligne l’importance d’augmenter la couverture vaccinale dans les populations cibles. Chez les 65 ans et plus, la couverture vaccinale est d’environ 52% bien inférieure au 75% recommandés par l’OMS.

Dans le contexte des tensions du système de santé, on comprend qu’une meilleure prévention de la grippe chez les sujets âgés et/ou fragiles devient une préoccupation. Un vaccin quadrivalent quatre fois plus concentré en antigène a été autorisé dans ce but.