Anne Battistoni-Lemière, agrégée d’histoire, a enseigné la géopolitique pendant plus de quinze ans en classes préparatoires économiques et commerciales en région parisienne. Elle est l’autrice de « Tout comprendre à la géopolitique » (Armand Colin, 2ed. 2025) et d’un podcast mensuel « La Pause géopolitique » pour le média étudiant Major Prépa. Présentation de la conférence. L’eau douce est source de toute vie, la clé de notre survie collective, elle est l’or bleu dont l’humanité ne peut se passer. Pourtant aujourd’hui, deux milliards de personnes n’ont pas accès à une eau potable de qualité. En décembre 2026 se tiendra la 3e conférence mondiale sur l’eau et, en janvier dernier, l’ONU a tiré la sonnette d’alarme, publiant un rapport affirmant que la planète est entrée « dans l’ère de la faillite hydrique mondiale ». Dans un contexte de croissance de la population mondiale, de croissance de la consommation par habitant, de dérèglement climatique affectant les régimes de précipitations, enfin de pollution des eaux par l’activité des hommes, serons-nous capables de faire face aux besoins de l’humanité au cours de ce siècle ? La guerre au Moyen-Orient a montré que les usines de dessalement peuvent devenir des cibles stratégiques alors qu’elles sont vitales pour des millions de personnes dans la région. Saurons-nous éviter les tensions et conflits liés à la question de l’approvisionnement en eau des sociétés ? L’eau n’est pas un bien économique comme un autre et les solidarités à ce niveau peuvent être facteur de paix. Elle est assurément l’un des enjeux géopolitiques majeurs de ce siècle.