Damien Colas Gallet est musicologue. Directeur de recherche au CNRS, il travail à l’Institut de recherche en musicologie (CNRS, Sorbonne Université, Bibliothèque nationale de France). Ses travaux portent sur les compositeurs italiens actifs à Paris, de Cherubini à Verdi. Il a signé les éditions critiques du Comte Ory (2014), du Siège de Corinthe de Rossini (2017), et prépare actuellement celles de Don Carlos de Verdi et de Zaira de Bellini.
Présentation du cycle thématique.
« Tiens, c’est italien… espagnol… russe… » On reconnaît assez aisément à l’oreille d’où viennent la plupart des musiques du patrimoine européen. Mais est-il si facile d’identifier à quoi tiennent ces identités nationales ? C’est à cette question que cette série d’interventions essaiera d’apporter une réponse. Le propos tiendra principalement sur le répertoire du XIXe siècle, qui est précisément l’époque où la question des identités culturelles s’est posée avec le plus d’acuité.
Séance du 2 décembre L’italianité en musique. À tout seigneur, tout honneur : commençons par ceux qui ont tout inventé, avant même que leur culture devienne un État unifié. Le génie italien s’est caractérisé, depuis les temps modernes, par une créativité exceptionnelle en Europe. En musique, à quoi tient-elle ? À certaines qualité fortement ancrées dans les valeurs communes, mais aussi, on le verra, à certains vilains défauts…
Séance du 9 décembre La germanité en musique. Wagner se plaignait, dans sa jeunesse, du retard pris par la nation allemande en matière de musique. Il est difficile de croire que Johann Sebastian Bach était pratiquement oublié à l’époque. Par quels moyens les Allemands, eux aussi en cours d'unification, sont parvenus à combler leur retard par rapport aux Français et aux Italiens ?
Séance du 16 décembre Le voyageur britannique Charles Burney notait qu’en Bohème, tous les habitants étaient musiciens. Est-ce encore vrai de la Tchéquie actuelle ? Et qu’en est-il des nations cousines ? Cette dernière séance sera consacrée aux traditions populaires tchèques, russes, mais aussi polonaises et hongroises, et montrera comment ces répertoires ont été intégrés dans la musique savante.